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Passeuse d’âmes : accompagner ce qui n’est pas parti

4 min de lecture

La pratique la moins connue, et celle qu'on nous demande le plus d'expliquer. Elle ne concerne pas les vivants, et pourtant elle ne s'adresse qu'à eux.

De quoi il est question

L'idée est simple à énoncer : il arriverait qu'une présence reste attachée à un lieu ou à une personne, et qu'elle ait besoin d'aide pour s'en détacher. Le passage consiste à accompagner ce départ.

On peut tenir cette description pour littérale ou pour symbolique : les deux lectures sont respectables, et elles ne changent rien aux gestes. Ce qui ne changera pas non plus, c'est qu'on ne vous demandera pas d'y croire.

C’est toujours aux vivants que cela sert

Ceux qui appellent sont presque toujours des gens qui n'arrivent pas à laisser partir : un parent, un enfant, un conjoint. Quelque chose est resté en suspens, et la maison entière le porte.

Ce qui se passe pendant un passage (des mots dits à voix haute, un temps de silence, parfois un objet remis à sa place) s'adresse à ceux qui restent. C'est là que la détente, quand elle vient, se produit.

Ce qui n’est jamais fait

On n'agit jamais sur un défunt à la demande d'un tiers pour obtenir quelque chose : faire revenir, faire partir, faire signer. Ce n'est pas une question de pouvoir, c'est une question de limite.

Et si le chagrin qui reste empêche de vivre, de travailler, de dormir depuis des mois, cela s'appelle un deuil compliqué, et cela s'accompagne avec un professionnel formé pour. Le dire fait partie du travail.

Ce texte décrit une pratique ; il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Un symptôme qui dure, une douleur qui s’installe, une détresse qui pèse : le premier rendez-vous est chez un médecin.

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