Le chemin
« Je n’y crois pas vraiment » : est-ce que cela change quelque chose ?
Carmen HOUINOU 4 min de lecture
C'est la phrase la plus fréquente, et presque personne ne l'ose au téléphone. Elle mérite une réponse franche plutôt qu'un sourire entendu.
Vous n’avez rien à croire pour prendre rendez-vous
Aucune adhésion ne vous est demandée, et aucune ne vous sera demandée pendant la séance. On ne vous fera pas dire que vous y croyez, on ne vous expliquera pas pourquoi vous devriez, et votre scepticisme ne sera pas traité comme un obstacle à lever.
La raison est simple : une séance n'est pas un examen de foi. C'est un temps d'écoute et un travail décrit à l'avance. Ce que vous en pensez vous appartient entièrement, avant comme après.
Ce qu’on ne vous promettra pas
Personne ici ne vous dira ce que vous allez ressentir. Pas par prudence commerciale : parce que personne ne le sait. Certaines personnes sortent d'une séance avec quelque chose de très net, d'autres avec rien du tout, et d'autres avec un effet qui n'apparaît que deux jours plus tard. Les trois sont des issues ordinaires.
Et si quelqu'un vous annonce d'avance un résultat, un nombre de séances nécessaires ou la disparition d'un symptôme, cela ne devrait pas vous rassurer : cela devrait vous faire refermer la page. C'est le signe le plus fiable qu'on vous vend quelque chose.
La vraie question n’est pas celle de la croyance
La question utile est celle du cadre : est-ce qu'on vous écoute, est-ce qu'on vous demande votre accord, est-ce que vous pouvez arrêter quand vous voulez, est-ce qu'on vous dit clairement ce qui ne relève pas de là. Un cadre tenu protège un sceptique aussi bien qu'un convaincu.
Un seul point ne se négocie pas, et il vaut quelles que soient vos convictions : si vous avez un symptôme, une douleur, une angoisse qui vous empêche de vivre, le premier rendez-vous à prendre est chez un médecin ou un psychologue. Une séance ne vient jamais à la place de ce rendez-vous, et vous entendrez la même chose ici.
Ce texte décrit une pratique ; il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Un symptôme qui dure, une douleur qui s’installe, une détresse qui pèse : le premier rendez-vous est chez un médecin.
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